A Perpignan, au cœur de la première culture de cannabis CBD des Pyrénées-Orientales

Perpignan

Paradis des agriculteurs et des maraîchers, les Jardins Saint-Jacques de Perpignan, bien connus pour leurs sols particulièrement fertiles, ont vu apparaître récemment une nouvelle culture bien particulière : du cannabis. Mais attention, par n’importe lequel. Des plants de cannabidiol, plus connu sous l’acronyme CBD, sont en passe d’être récoltés. Une première dans les Pyrénées-Orientales.

Quasiment dépourvu de substance psychotrope, le THC, avec un taux réglementaire inférieur à 0.2%, le « cannabis CBD » est arrivé sur le marché français en novembre 2020, grâce à un arrêté européen. Si le sujet est toujours controversé en France, ce dérivé du cannabis THC aux effets thérapeutiques a fait ses preuves et a désormais ses adeptes, et ses bienfaits sont aujourd’hui bel et bien reconnus. 

À tel point que depuis un an, le cannabidiol est disponible à la vente au grand public, sous forme d’infusion, de farine, de cosmétique ou encore d’huile essentielle. Des magasins spécialisés ont même vu le jour et ont profité de ce marché… florissant.

Mais alors que les CBD vendus en France proviennent majoritairement d’Italie, de Suisse et d’Espagne, plusieurs entrepreneurs catalans ont décidé de produire un cannabidiol 100% local. Actu Perpignan est parti à leur rencontre.

Plusieurs milliers de plants de cannabis

Tout débute il y a un an, lorsque Gérard Sédano, maraîcher à Perpignan, croise le chemin de Florent Karcz, directeur commercial pour un site internet spécialisé dans l’information autour de la culture du cannabis. « C’est parti d’une opportunité et d’une rencontre, tout simplement. J’ai eu l’opportunité de travailler avec les grands commerçants européens du CBD, cela m’a permis de jauger l’état du marché », témoigne ce dernier.

La visite des forces de l’ordre

Profitant de l’ensoleillement exceptionnel des Pyrénées-Orientales, les cultures de cannabis grandissent à vitesse grand V. Mais très vite, cette exploitation attire logiquement les forces de l’ordre.

S’ils ont fait les choses en bonne et due forme, les nouveaux producteurs doivent logiquement montrer patte blanche à l’administration française, car « à l’oeil nu, on ne peut pas faire de différence entre une culture de cannabis THC et une culture de cannabis CBD », admet Florent Karcz. 

Leur rencontre avec la police perpignanaise va néanmoins très bien se passer. « On est tombé sur des policiers très intelligents. Ils ont vu, ils nous ont questionnés, et ils ont compris très rapidement », expliquent les exploitants, qui, désormais, travaillent en étroite collaboration avec la brigade des stupéfiants de Perpignan, la BAC, ainsi que la police municipale de la ville. 

Le Préfet des P.-O., de son côté, surveille de près l’évolution de cette culture, et une information judiciaire a été lancée par un juge d’instruction afin de s’assurer qu’aucune drogue ne pousse. Des tests sont régulièrement effectués à partir des plants de l’exploitation.

La filière des produits à base de CBD est devenue on ne peut plus large, et devrait encore s’étendre à l’avenir. Le gouvernement français pourrait, en effet, être contraint de rehausser la limite autorisée du taux de THC à 1%, ce qui entraînerait conjointement une multiplication du taux de CBD, et donc de ses effets thérapeutiques. 

 

Source

Actu perpignan

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